Archive pour avril 2026
La librairie au 1er étage du London Transport Museum à Covent Garden, où je me rends régulièrement, a sérieusement réduit la voilure. Mais on peut encore y découvrir quelques ouvrages très intéressants, comme The Spread of London’s Underground (4e édition 2024 par Capital Transport). Ce livre retrace l’évolution du métro de Londres depuis le premier tronçon de la Metropolitan Line en 1863 – entre Paddington (Bishop’s Road) et Farringdon – jusqu’à 2023 à l’aide « d’instantanés » sous forme de cartes au style « Harry Beck », chacune correspondant à une période de 10 ans. (Un procédé qui rappellera aux ferroviphiles l’Histoire synchronoptique des chemins de fer français de Bernard Cima, parue en 10 épisodes dans l’hebdomadaire La Vie du rail en 1975).
Chaque décennie est présentée sur deux pages : à droite, l’état du réseau, à gauche un texte résumant les principaux développements durant la période, quelques photos ou dessins bien choisis et surtout la liste chronologique impressionnante des ouvertures/fermetures et changement de noms des stations du plus ancien métro du monde.

Ce livre est une véritable bouée de sauvetage pour le néophyte qui aborde l’étude du métro de Londres. Si la littérature sur ce sujet est abondante, les ouvrages disponibles sont peu illustrés et pauvres cartographiquement, et il faut s’accrocher pour suivre la complexité inouïe des transformations, abandons et ouvertures de lignes, souvent survolées ou peu claires.
A noter : ce livre ne couvre que le métro : Sub-surface et Tube. En particulier, n’y figure plus pour la période 1991-2023 la East London Line (une de mes préférées) intégrée au réseau Overground des TfL depuis 2010.
Une particularité : le livre semble anonyme. N’est cité en page 2 avec le numéro d’ISBN que Tim Demuth (1942-2025). Sa nécrologie dans Underground News n°771 de mars 2026 (revue de la London Underground Railway Society) indique qu’il a travaillé pendant 25 ans au London Transport comme graphiste et Directeur Artistique, responsable de nombreuses publications, dépliants et affiches publicitaires. RIP Tim, et merci !

Déguster un opéra… place de l’Opéra ! Joyeuses Pâques à tous 🙂

La grande salle du Café de la Paix semble être assez éloignée du monde ferroviaire, et pourtant :
- C’est juste devant le Café de la Paix, place de l’Opéra que fut construit en mars 1903 « l’ouvrage spécial » qui allait permettre aux lignes 3, 7 et 8 de la CMP de se croiser à la verticale.

- A 100m de là, 14 boulevard des Capucines, dans le Salon Indien du Grand Café (actuel restaurant « 1895 », ex-« Jardin des Muses », de l’Hôtel Scribe) eut lieu le 28 décembre la première projection du Cinématographe Lumière. Pendant longtemps j’ai cru que le premier film ferroviaire de l’histoire L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat était au programme (que nenni : d’après Wikipedia, il a été projeté pour la première fois à Lyon le 26 janvier 1896 ).

- Un peu plus loin (à 700m) s’est édifié en 1879 l’Hôtel Continental, 2 rue de Castiglione (actuel Westin Paris-Vendôme). Parmi ses premiers clients, un ressortissant britannique : Thomas W. Rammell, inventeur du chemin de fer pneumatique du Crystal Palace à Londres. Rammell fit plusieurs séjours dans cet établissement de 1879 à 1881 pour tenter de convaincre – sans succès – le Ministère des Travaux Publics français de construire un chemin de fer pneumatique entre la Porte Maillot et… le Jardin d’Acclimatation – un sérieux concurrent pour la ligne à voie de 50cm qui existe encore de nos jours. (Il est à noter que Wikipedia (en) indique que Rammell serait mort du diabète en 1879. Il semble bien que T.W. Rammell was alive and well and living in Paris en 1881 – avec mes excuses à Mort Shumann ;-)).
