{"id":3278,"date":"2013-08-26T21:29:34","date_gmt":"2013-08-26T20:29:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/?p=3278"},"modified":"2014-09-06T22:28:51","modified_gmt":"2014-09-06T21:28:51","slug":"motor-books-la-fin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/2013\/08\/motor-books-la-fin\/","title":{"rendered":"Motor Books : la fin"},"content":{"rendered":"<div id=\"dslc-theme-content\"><div id=\"dslc-theme-content-inner\"><p>Re\u00e7u aujourd&rsquo;hui la derni\u00e8re lettre d&rsquo;information de <a href=\"http:\/\/www.motorbooks.co.uk\/\" target=\"_blank\">Motor Books<\/a>, la librairie londonienne sp\u00e9cialis\u00e9e dans la litt\u00e9rature ferroviaire, mais aussi automobile, aviation et maritime, qui annonce :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Due to the harsh economic realities affecting specialist independent high street booksellers, we are sad to announce that after sixty years we will shortly close our doors to our West End &lsquo;MOTOR BOOKS&rsquo; store.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>[En raison de la dure r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique qui frappe les libraires sp\u00e9cialis\u00e9s ind\u00e9pendants ayant pignon sur rue, nous avons la tristesse de vous annoncer qu&rsquo;apr\u00e8s soixante ans nous allons fermer notre boutique Motor Books du West End]<\/p>\n<p>La nouvelle n&rsquo;\u00e9tait pas une surprise. Lors de mon dernier passage au d\u00e9but de ce mois d&rsquo;ao\u00fbt 2013 dans les locaux\u00a0 du 13\/15 Cecil Court, il \u00e9tait \u00e9vident que l&rsquo;\u00e9choppe n&rsquo;\u00e9tait plus que l&rsquo;ombre d&rsquo;elle-m\u00eame. R\u00e9duite \u00e0 une seule boutique, l&rsquo;autre ayant \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9e \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.stmartinsmodels.co.uk\/\" target=\"_blank\">St Martins Models<\/a> (mod\u00e9lisme automobile), Motors Books avait s\u00e9v\u00e8rement r\u00e9duit la voilure. Le rayon ferroviaire, jadis une r\u00e9f\u00e9rence, avait r\u00e9duit comme peau de chagrin et se r\u00e9sumait \u00e0 quelques \u00e9tag\u00e8res \u00e0 moiti\u00e9 vides.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Motor_Books_2013.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3282\" src=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Motor_Books_2013.jpg\" alt=\"Motor_Books_2013\" width=\"512\" height=\"416\" srcset=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Motor_Books_2013.jpg 512w, https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Motor_Books_2013-300x243.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/a><em><strong>Motor Books et St Martins Models, Cecil Court, en ao\u00fbt 2013<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Sic transit ! J&rsquo;avais fr\u00e9quent\u00e9 la boutique assid\u00fbment pendant les ann\u00e9es 80-90, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque situ\u00e9e dans la rue parall\u00e8le Saint-Martins Lane. Dans les ann\u00e9es 2000, le commerce migra au 13\/15 Cecil Court. C&rsquo;\u00e9tait une \u00e9tape incontournable lors du week-end annuel que nous consacrions avec quelques amis ferroviphiles \u00e0 visiter l&rsquo;exposition <a href=\"http:\/\/fdelaitre.perso.sfr.fr\/Smrg.htm\" target=\"_blank\">Eurotrack de Southampton<\/a>. Suivant un rituel immuable, d\u00e9laissant femmes et enfants, nous partions aux aurores de Paris pour atterrir \u00e0 Heathrow. Nous engouffrant dans la Piccadilly line, nous faisions une premi\u00e8re \u00e9tape \u00e0 Northfields dans une boutique de mod\u00e9lisme ferroviaire tenue par un chinois (pas mal d&rsquo;occasions, dont du Jouef VE), puis nous filions jusqu&rsquo;\u00e0 Leicester Square pour rejoindre St. Martins Lane. En cette \u00e9poque pr\u00e9-Internet, nous y faisions le plein d&rsquo;ouvrages ferroviaires anglophones introuvables en France. Charg\u00e9s comme des bombardiers partant en mission, nous courions ensuite chez Plummer&rsquo;s, un restaurant Victorien &#8211; lui aussi disparu &#8211;\u00a0 \u00e0 Covent Garden avant d&rsquo;attraper le train du soir pour Southampton \u00e0 Waterloo. L&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Eurostar modifia sensiblement notre itin\u00e9raire, nous faisant arriver \u00e0 Waterloo et d\u00e9laisser Northfields, mais nous donnant l&rsquo;occasion d&rsquo;admirer les rames EMU de Network Southeast sur le Hungerford Bridge.<\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 Motor Books&#8230;<\/p>\n<p>Disons le tout de suite, nous ne fr\u00e9quentions pas Motor Books pour l&rsquo;accueil chaleureux du personnel, plut\u00f4t glacial et hautain, qui n&rsquo;\u00e9tait pas sans rappeler celui\u00a0 pratiqu\u00e9 dans les boutiques de v\u00eatements de Jermyn Street ou de Savile Row. Il y avait en plus des r\u00e8gles non \u00e9crites qu&rsquo;il ne valait mieux pas transgresser. Le silence quasi-absolu \u00e9tait de rigueur, on ne devait s&rsquo;adresser au personnel pour un renseignement qu&rsquo;en respectant le protocole de la Cour Imp\u00e9riale du Japon (avec stupeur et tremblements). Mais surtout, surtout, il ne fallait emprunter sous aucun pr\u00e9texte un certain escalier&#8230; A l&rsquo;\u00e9poque de St Martins Lane, chacune des boutiques jumelles avait un escalier donnant acc\u00e8s au sous-sol, l&rsquo;un abritait le rayon des livres ferroviaires am\u00e9ricains, l&rsquo;autre un local myst\u00e9rieux dont l&rsquo;acc\u00e8s \u00e9tait strictement r\u00e9serv\u00e9 au personnel (Quel \u00e9tait son usage ? R\u00e9serve ? WC ? Bar clandestin ? Je ne l&rsquo;ai jamais su). Malgr\u00e9 une profusion de panneaux \u00ab\u00a0No Entry\/Staff Only\u00a0\u00bb, tous les jours une dizaine de clients distraits tentaient la descente dans le Saint-des-Saints. Lass\u00e9e de ces d\u00e9bordements inqualifiables, la direction de Motor Books affecta un de ses employ\u00e9s, une sorte de Niebelung, \u00e0 la surveillance de l&rsquo;escalier sacr\u00e9. Le Niebelung, perch\u00e9 sur une chaise haute, semblait \u00eatre plong\u00e9 dans le pointage d&rsquo;interminables listings. Mais il ne fallait pas s&rsquo;y tromper, sa v\u00e9ritable mission \u00e9tait toute autre : d\u00e8s qu&rsquo;un client novice faisait mine de s&rsquo;approcher de l&rsquo;escalier maudit, le Niebelung entrait dans une col\u00e8re\u00a0 sacr\u00e9e vis \u00e0 vis de l&rsquo;audacieux, s&rsquo;exprimant en des termes fort peu courtois, brisant le silence s\u00e9pulcral des lieux et faisant esquisser un l\u00e9ger sourire aux clients \u00ab\u00a0initi\u00e9s\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Nonobstant ces quelques d\u00e9sagr\u00e9ments, Motor Books \u00e9tait le Xanadu du ferroviphile, non seulement pour les m\u00e2nes du rail anglo-saxon, mais aussi pour les amateurs de bizarre. A la grande \u00e9poque, entre l&rsquo;int\u00e9grale des publications Ian Allan, la collection compl\u00e8te des petits formats de Oakwood Press et l&rsquo;abondante litt\u00e9rature consacr\u00e9e au Great Western Railway (2,50m lin\u00e9aires d&rsquo;\u00e9tag\u00e8res au minimum), l&rsquo;amateur de <em>curiosas<\/em> pouvait d\u00e9nicher une monographie sur le F\u00f6ldalatti de Budapest (premier m\u00e9tro d&rsquo;Europe continentale)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Foldalatti_1896.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3283\" src=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Foldalatti_1896.jpg\" alt=\"Foldalatti_1896\" width=\"512\" height=\"367\" srcset=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Foldalatti_1896.jpg 512w, https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Foldalatti_1896-300x215.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/a><strong><em>Le F\u00f6ldalatti \u00e0 Budapest en 1896<br \/>\n<\/em><\/strong><\/p>\n<p>ou une \u00e9tude richement illustr\u00e9e sur les inclines (funiculaires) qui escaladaient les sept collines de Cincinnati(Ohio), hissant hommes, femmes, enfants, chevaux et tramways.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Cincinnati_1907.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3280\" src=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Cincinnati_1907.jpg\" alt=\"Cincinnati_1907\" width=\"512\" height=\"303\" srcset=\"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Cincinnati_1907.jpg 512w, https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-content\/uploads\/2013\/08\/Cincinnati_1907-300x177.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/a><strong><em>Un incline de Cincinnati en 1907<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Chass\u00e9 par les prix d\u00e9mentiels des baux commerciaux dans le West-End de Londres, Motor Books n&rsquo;aura plus d\u00e9sormais qu&rsquo;une \u00ab\u00a0fen\u00eatre sur Web\u00a0\u00bb. Cette institution arrivera t&rsquo;elle \u00e0 survivre face \u00e0 la concurrence de structures plus petites, comme l&rsquo;excellent Transport Diversions, ou celle encore plus redoutable des cottages business ? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr.<\/p>\n<p>Une seule certitude : la fermeture d\u00e9finitive de la boutique et la disparition du Niebelung (qui a d\u00fb se perdre lors du d\u00e9m\u00e9nagement entre St Martins Lane et Cecil Court) sont autant de signes de la fin d&rsquo;une civilisation&#8230;<\/p>\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Re\u00e7u aujourd&rsquo;hui la derni\u00e8re lettre d&rsquo;information de Motor Books, la librairie londonienne sp\u00e9cialis\u00e9e dans la litt\u00e9rature ferroviaire, mais aussi automobile, aviation et maritime, qui annonce : \u00ab\u00a0Due to the harsh economic realities affecting specialist independent high street booksellers, we are sad to announce that after sixty years we will shortly close our doors to our [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[175,3],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3278"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3278"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3278\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3417,"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3278\/revisions\/3417"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3278"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3278"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fdelaitre.org\/wp2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3278"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}